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Les Pays-Bas stimulent l’innovation en agritech grâce aux technologies d’imagerie

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Dans cet article de notre série « Visages de l’innovation », nous rencontrons Mme Roelien Attema, responsable de la recherche et du développement à ASTRON, l’Institut néerlandais pour la radioastronomie, et membre du conseil de programme de Holland High Tech. Elle nous donne un aperçu de l’importance et de la diffusion des techniques d’imagerie aux Pays-Bas. Celles-ci sont clés, car elles sont largement utilisées dans l’industrie et dans la société.

Technologies d’imagerie, qu’est-ce que c’est ?

Les technologies d’imagerie englobent la génération, la collecte, l’analyse, la modification et la visualisation d’images sur l’ensemble du spectre électromagnétique – des rayons X aux micro-ondes en passant par les ondes radio. Leur définition est technologiquement large et inclut du matériel tel que des capteurs, des télescopes et des caméras, ainsi que des logiciels de traitement et de visualisation.

Leurs applications vont du secteur médical, où de nouvelles formes de diagnostic et de traitement améliorent la qualité des soins, à la défense, la sécurité et la recherche scientifique. Et ce n’est pas tout.

Les atouts néerlandais : semi-conducteurs, médecine et agritech

Les Pays-Bas occupent une position forte dans plusieurs domaines reposant sur les technologies d’imagerie. « Les technologies d’imagerie sont largement utilisées dans l’industrie des semi-conducteurs. Par exemple dans les machines d’ASML », explique Attema. « Les Pays-Bas occupent une position unique dans ce domaine et sont leaders en Europe comme dans le monde. »

Le pays bénéficie également d’une position solide dans l’imagerie médicale. La grande qualité des hôpitaux universitaires et le rôle historique d’entreprises telles que Philips y contribuent.

Les Pays-Bas disposent d’une position particulièrement forte dans le secteur agricole et agroalimentaire. Erik Pekkeriet, responsable du programme Vision + Robotics à l’Université de Wageningen, travaille intensivement sur des systèmes d’imagerie pour ce secteur. « Nous avons des entreprises de pointe mondiale dans de nombreux domaines de la technologie agricole et alimentaire : tri des œufs, des aliments et des fruits, machines pour serres, technologies de traite, transformation de la viande, pommes de terre, ainsi que machines de récolte et de transformation pour les légumes frais », explique-t-il.

L’accent est particulièrement mis sur les produits frais de haute qualité. Cela a permis aux Pays-Bas de devenir le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et alimentaires.

Des opportunités de coopération transfrontalière

Les défis dans l’agriculture restent toutefois considérables. « Pour produire des aliments plus durables, plus frais, plus variés et plus nutritifs tout en réduisant l’utilisation des ressources, davantage de travail et d’interventions régulières sont nécessaires », explique Pekkeriet. Cela entraîne une hausse des coûts de main-d’œuvre.

La solution réside dans des applications abordables, évolutives et multifonctionnelles fournissant des données pertinentes et permettant des actions robotiques. Celles-ci doivent remplacer les coûts élevés de la main-d’œuvre et permettre des paysages agricoles productifs et riches en biodiversité, avec des systèmes alimentaires diversifiés.

Trois problèmes spécifiques doivent être résolus.

  • La récolte. Les robots doivent pouvoir travailler dans des frondaisons complexes et cueillir des fruits, des fleurs ou des légumes. Pour cela, ils ont besoin d’une perception 3D en temps réel. Ainsi, les robots peuvent se déplacer entre les branches et les feuilles sans endommager les plantes.
  • Le travail en plein champ par tous les temps. Les capteurs doivent fonctionner de manière fiable sous la pluie, dans le brouillard ou en plein soleil. Ils doivent non seulement détecter les plantes, mais aussi fournir des données sur la biodiversité et la composition des sols.
  • Le contrôle qualité. Lors de la récolte de petits lots de fruits et légumes destinés à des plats préparés ou à la restauration, la qualité globale doit être vérifiée simultanément, de manière flexible et suffisamment rapide pour suivre le rythme de la production.

Un protocole d’accord entre l’Allemagne, les Pays-Bas et la France

Pour relever ces défis ensemble, les Pays-Bas, l’Allemagne et la France ont récemment signé un protocole d’accord. Ensemble, ces trois pays sont des leaders mondiaux dans la technologie agricole et alimentaire.

Du côté néerlandais participent Wageningen University & Research, Fedecom et FME. L’Allemagne est représentée par le Leibniz Institute for Agricultural Engineering and Bioeconomy (ATB Potsdam) et le forum Agrotech Valley. La France est représentée par l’INRAE, l’organisation professionnelle AXEMA et la plateforme d’innovation RobAgri.

La collaboration se concentre sur les technologies autonomes pour les cultures de haute qualité, les applications sûres de l’IA dans les machines, ainsi que sur des systèmes agricoles durables utilisant moins de ressources et une gestion intelligente de l’eau.

M. Pekkeriet, de l’Université de Wageningen, souligne que la France est très active dans le domaine des capteurs satellitaires à distance, notamment au CNES, et des drones agricoles, avec Parrot et Exxact Robotics comme leaders. Dans le même temps, les agriculteurs français pourront largement bénéficier des nouvelles applications et innovations en imagerie que la collaboration entre la France, les Pays-Bas et l’Allemagne devrait favoriser à l’avenir, estime-t-il. 

Holland High Tech comme passerelle

Holland High Tech joue un rôle central pour rapprocher les partenaires académiques et l’industrie. « Le grand défi réside dans la collaboration entre les chercheurs, qui travaillent souvent dans une perspective fondamentale, et les entreprises, qui recherchent des applications concrètes », explique Attema. « Comment combler le fossé entre les universités et les entreprises ? Et comment faire en sorte que les connaissances accélèrent réellement la capacité d’innovation de l’économie ? C’est précisément la mission de Holland High Tech. »

Cet article est basé sur un entretien avec Mme Attema, publié précédemment sur IO+.

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