La France et les Pays-Bas ont marqué l’ouverture de l’Année Économique franco-néerlandaise 2025, une initiative des gouvernements néerlandais et français dans le cadre de leur Pacte pour l’Innovation. M. Theo Henrar, président de l’association patronale FME et vice-président du VNO-NCW [l’équivalent néerlandais du MEDEF], s’est rendu à Paris pour représenter l’industrie batave lors de cette conférence.
Le temps d’une journée, les personnalités clés de l’industrie et administration françaises et néerlandaises se sont réunies à l’Ambassade des Pays-Bas en France pour donner le coup d’envoi à l’Année Économique franco-néerlandaise 2025. Lors d’une table ronde sous la direction de M. Christophe Fouquet, président d’ASML, et de M. Dirk Beljaarts, ministre des Affaires économiques néerlandais, ils ont notamment échangé sur l’avenir des secteurs de semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle (IA).
Durcissement géopolitique
À l’heure d’une compétition technologique entre la Chine et les États-Unis qui s’intensifie, M. Henrar souligne l’importance de chérir les champions européens. « Aussi bien en France qu’aux Pays-Bas, il existe un potentiel à développer au niveau de microprocesseurs et puces. Sans ces technologies, impossible de déployer l’IA à grande échelle. »
Les Pays-Bas et l’Hexagone disposent tous les deux d’écosystèmes high-tech dans le domaine. Aux Pays-Bas: le Brainport autour de la ville brabançonne d’Eindhoven, où des centres de recherche côtoient l’industrie – dont l’atout européen par excellence : ASML. Son équivalent français : « la région autour de Grenoble », selon M. Henrar, qui voit de nombreuses occasions pour ces deux « champions européens » de collaborer davantage.
Mettre en œuvre le rapport Draghi
Entre la France et les Pays-Bas, les opportunités de coopération sont considérables, d’après les intervenants réunis à l’Ambassade néerlandaise à Paris. Les deux partenaires entretiennent déjà des rapports économiques solides, a affirmé M. Éric Lombard, le ministre français de l’Économie et des Finances. Leur bilan commercial de 85 milliards d’euros, évoqué par son homologue néerlandais, témoigne de l’importance des liens économiques entre la France et les Pays-Bas. M. Beljaarts revenait également au besoin de renforcer ces liens, afin de stimuler la croissance et la capacité d’innovation au sein de l’entreprenariat français et néerlandais.

M. Patrick Martin, président du MEDEF, a saisi l’occasion pour lancer un appel aux entreprises franco-néerlandaises de collaborer davantage dans le cadre du Pacte pour l’Innovation. Selon lui, ce dernier est un véritable moteur du commerce et de l’innovation franco-néerlandais.
Il revient au président de la FME de plaider pour un renforcement de l’industrie à l’échelle continentale : « L’Europe devra débloquer le potentiel de notre industrie. » Pour protéger son indépendance face à la Chine et aux États-Unis, l’Europe a besoin de ses propres champions, selon M. Henrar. Dans cette optique, il considère déterminantes les recommandations du récent rapport de Mario Draghi sur le futur de la compétitivité européenne : « Il faut veiller à ce que le rapport Draghi ne reste pas lettre morte. Les pays-membres doivent faire de leur mieux afin de mettre en œuvre ce rapport. »




