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La Dutch Tech sous les feux de la rampe en France

Aux Pays-Bas, les industries de pointe s’engagent pour l’industrie européenne de demain. FME, l’association néerlandaise pour l’industrie technologique, y représente des start-ups ainsi que des géants du monde industriel néerlandais. De l’Agri & Food à l’énergétique, ils disposent d’atouts indispensables pour aborder le commerce dans un monde changeant.

« Nous sommes la tech » : voici la devise de FME, l’association néerlandaise pour l’industrie technologique. Tel est également le slogan de son président, Theo Henrar. Il représente une partie importante du secteur dynamique de la technologique néerlandais. Ses plus de deux mille membres comprennent des start-ups, des scale-ups, mais aussi des géants tels que Philips, Thales, ASML et DAF. Ensemble, ils ont réalisé un chiffre d’affaires de 139 milliards d’euros en 2022. Un peu moins de la moitié, 59 milliards d’euros, provient d’exportations.

FME: industrie verte

L’engagement de FME s’est axé autour de trois thèmes : le marché de travail, la durabilité et le numérique. « Les Pays-Bas veulent avoir une industrie verte et intelligente » , explique M. Henrar. « La numérisation des processus d’entreprise est donc primordiale, y compris pour améliorer la productivité. Celle-ci est déjà bonne dans le secteur technologique, et même deux fois plus élevée que la moyenne nationale. » Il n’est pourtant pas évident que cela restera ainsi. M. Henrar : « Nous avons un grand défi à relever sur le marché du travail. Pour attirer davantage de personnel hautement qualifié, nous avons élaboré le ‘Plan d’attaque technologique’, en collaboration avec les syndicats. Avec le gouvernement et un grand nombre d’organisations telles que Bouwend Nederland, Koninklijke Metaalunie, Techniek Nederland (une association d’installateurs de pompes à chaleur) et le Vereniging van Netbeheerders, nous investissons chaque année 100 millions d’euros pour ce faire. » En complément, M. Henrar cite plusieurs solutions concrètes telles que la formation continue et la garantie d’emploi de dix ans d’enseignants dits ‘hybrides’.

La France et les Pays-Bas: le rapprochement

Theo Henrar affirme avec conviction que FME aura une forte valeur ajoutée sur le marché français – également par rapport aux concurrents. « La France est l’un de nos partenaires les plus importants. Son marché est proche du nôtre. Il faut faire en sorte que la collaboration franco-néerlandaise soit beaucoup plus étroite qu’aujourd’hui. Mais ce dont nous avons réellement besoin, c’est une politique industrielle et d’innovation européenne. Nous nous sommes déjà réunis pendant des tables rondes avec l’ambassade française à La Haye et la néerlandaise à Paris. Mais nous devons passer au niveau supérieur et pour cette raison il y a, depuis 2023, le ‘Pacte pour l’innovation et la croissance durable’ avec les Français. » Selon M. Henrar, le Pacte est une étape importante vers une coopération encore plus productrice entre les deux pays.

En 2022, la valeur totale des exportations néerlandaises vers la France s’élevait à 62 milliards d’euros. Les produits manufacturés divers (3,5 milliards d’euros), les appareils de télécommunication (3,1 milliards d’euros), les appareils électriques (2,3 milliards d’euros), les produits chimiques organiques (2,2 milliards d’euros) et les véhicules de transport routier (2,1 milliards d’euros) représentaient les principaux produits exportés. Hautement technologiques, ces produits pèsent lourd dans la balance commerciale franco-néerlandaise. Mais au-delà de leur simple valeur économique, ces exportations indiquent le fort engagement commercial néerlandais dans le marché français.

Politique européenne d’innovation

Les entreprises européennes peineront néanmoins à s’imposer sur l’échelle mondial, faute d’une politique industrielle et d’innovation unificatrice. « Dans de plus en plus de domaines, les Pays-Bas et la France agissent ensemble. Nous voyons un échange de connaissances au niveau de la recherche et développement qui s’intensifie. Mais a la différence de l’Allemagne avec sa propre politique industrielle et la France, les Pays-Bas ne subventionnent pas encore suffisamment leur industrie » , explique Theo Henrar. « Les Pays-Bas, en revanche, ont traditionnellement été beaucoup plus modestes à ce sujet. Ça devrait changer. On ne dispose pas d’une banque de l’industrie, alors que la France a la BPI et l’Allemagne le Wiederaufbau. Nous en avons aussi besoin. » A cette fin, FME s’implique à Bruxelles pour la mise en œuvre d’une politique industrielle et d’innovation qui soit véritablement européenne. M. Henrar peine à souligner l’importance absolue d’une telle politique unificatrice.

Coopération franco-néerlandaise

Dans une Europe forte, la coopération franco-néerlandaise joue un rôle clé. « Depuis qu’Emmanuel Macron est président de la France, la relation avec La Haye s’est sensiblement intensifiée. Le point d’orgue a bien sûr été la visite d’État au printemps 2023. Nous avons déjà des projets de coopération avec Thales et Airbus Space. » En général, les Français s’intéressent de plus en plus aux Pays-Bas ces dernières années, souligne M. Henrar.Une belle occasion notamment pour le secteur Agri & Food néerlandais, dont particulièrement la production alimentaire durable est visé par les entreprises françaises. Il en va de même pour l’énergétique et d’autres secteurs, poursuit M. Henrar : « Nos connaissances en matière d’énergie éolienne offshore et de stockage de l’énergie, entre autres, sont très demandées. Nous avons également beaucoup à offrir aux Français dans le domaine de la mobilité durable. Et n’oublie pas les soins de santé. Le vieillissement de la population et la numérisation offrent des opportunités de solutions innovatrices. » Avec l’importance grandissante de la durabilité, l’économie circulaire, l’innovation et le numérique, M. Henrar estime que la France et les Pays-Bas se compléteront encore davantage dans leur future collaboration.

Longtemps concentré sur l’Allemagne, FME part maintenant à la conquête du marché français. Dans l’avenir proche, les entreprises néerlandaises y seront davantage représentées. Notamment sur les grands salons professionnels, comme en février prochain au FIRA à Toulouse. Plein de raisons pour Theo Henrar de conclure avec confiance : « Les Français entendront beaucoup parler de nous dans les années à venir ».

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