En France, le secteur de la haute technologie néerlandais s’introduit avec succès. Néanmoins, les avances de la Holland High Tech y restent trop souvent méconnues. Afin d’améliorer les relations commerciales entre les deux pays, il est essentiel d’étudier les spécificités culturelles de l’autre. Car des malentendus interculturels risquent de freiner un commerce franco-néerlandais en plein essor.
La high-tech néerlandaise
La ‘figure de proue’ du secteur de pointe néerlandais High Tech Systems and Materials (HTSM), qui inclut plus de 1700 entreprises, s’appelle Marc Hendrikse. Fort d’une longue expérience dans l’industrie technologique, ce vétéran du monde industriel néerlandais fait le lien entre le privé et le public. Son but : commercialiser les innovations les plus avancées. Aux Pays-Bas, mais également au-delà des frontières néerlandaises , où il s’engage notamment pour renforcer les liens commerciaux avec la France.
HTSM dont M. Hendrikse est l’ambassadeur se concentre sur les transitions majeures de notre temps, telles que la transition énergétique, l’économie circulaire et la transformation numérique. HTSM réunit des grands fabricants et des start-ups innovateurs. Ici, M. Hendrikse fait mention de l’importante démarche intersectorielle du secteur : « Nous développons des programmes, et nous les soumettons au Fonds national de croissance, le fonds de 20 milliards d’euros du gouvernement néerlandais pour soutenir les projets d’investissement durable. Avec NextGeneration Hightech et d’autres organisations, nous collaborons avec les universités techniques du pays. Cette coopération entre les institutions éducatives et l’industrie s’est d’ailleurs énormément améliorée. » Et tout cela, bien sûr, dans un cadre européen, où la coopération avec la France et l’Allemagne est de première importance.
Plan stratégique
Car les Pays-Bas disposent de nombreux atouts, également pour ses partenaires en Europe. HTSM s’efforce de diverses manières de les introduire en France, souvent en collaboration avec l’ambassade néerlandaise à Paris. M. Hendrikse affirme qu’ « Avec notre plan stratégique France, nous nous concentrons sur les besoins de la France en matière de solutions dans les domaines de la durabilité et de la transformation numérique. » De plus, son organisation représente depuis 10 ans les Pays Bas au Salon JEC. Ce ‘volet promotion’ est complémenté par des programmes pilotes dans l’aviation et l’automobile. Et HTSM s’implique également dans « l’industrie manufacturière pour les grandes transitions que traversent les secteurs. Dans ces domaines, nous travaillons déjà avec Renault, Stellantis et Airbus. »
Produits hi-tech complexes
Néanmoins, la force de la Holland High Tech reste trop souvent méconnue auprès de l’industrie française. « Nous avons beaucoup à offrir en termes de technologie. Nous proposons des solutions pour l’électrification des transports lourds et de composites. Et puis nous sommes particulièrement forts dans la production en série, certifiée par l’Union Européenne. » De plus, ajoute M. Hendrikse, « pour les technologies-clés telles que les semi-conducteurs, la photonique, la quantique, la nanotechnologie et la biochimie, nos produits sont très avancés, précis et complexes. » Des projets concrets sont déjà en cours dans plusieurs régions : « Nos partenariats dans le Nord-Pas-de-Calais dans la technologie des batteries et à Grenoble dans la photonique portent leurs fruits. Mais ça reste fragmenté à l’heure actuelle. » Dans l’harmonisation de ces projets franco-néerlandais, HTSM joue un rôle clé.
Une différence d’approche
La réaction des Français à l’introduction des technologies néerlandaises ? M. Hendrikse affirme avec confiance que : « Les français qui nous connaissent déjà sont en fait très positifs. » Mais il y a toujours du terrain à gagner : « Si la relation n’est pas encore à la hauteur, vous remarquez que c’est parce que les Néerlandais doivent apprendre un peu comment faire du business en France. Il y a des différences culturelles à surmonter. » Tandis que les Néerlandais sont très directs et vont droit au but, M. Hendrikse a remarqué qu’en France, c’est la relation entre partenaires commerciaux qui compte. « Ainsi les affaires ne se font pas toujours aussi rapidement que nous, les Néerlandais, en avons l’habitude. C’est une différence d’approche que nous devons vraiment enseigner à notre personnel », conclut M. Hendrikse.




