Avec sa startup française Rosetta Omics, Wahid Awad s’engage dans le combat contre le cancer. Durant son séjour néerlandais, il jette les bases d’un avenir prometteur. « J’ai toujours gardé un lien avec les Pays-Bas ».
Fondateur et CEO de la startup française Rosetta Omics, Wahid Awad est étroitement impliqué dans la lutte contre le cancer. Né dans l’Egypte du nord, il grandit au Caire. Là, il commence un impressionnant parcours académique et puis professionnel dans les life sciences. Celui-ci aboutit en 2015 en un doctorat (PhD) en génétique auprès du Colorado State University aux Etats-Unis. Actuellement, Wahid Awad vit et travaille à Paris depuis plus de 8 ans.
Quelle est ton histoire avec les Pays-Bas ?
Après avoir terminé ma licence à l’Université de Caire premier de classe, j’ai souhaité poursuivre mes études à l’étranger. Ayant candidaté pour plusieurs bourses – en Amérique comme en Europe – celle du Netherlands Scholarship Programme m’a finalement le plus tenté. Ainsi, je suis tombé sur Wageningen, une ville toute petite au milieu des Pays-Bas, pour faire un master en biotechnologie. En fait, Wageningen University est réputée dans le monde entier dans le domaine des life sciences. Et en plus, son université m’a été recommandée par mon professeur préféré au Caire, qui y avait étudié et enseigné.
Le contraste entre le Caire et Wageningen était remarquable, mais je m’y suis senti à l’aise rapidement. Le cadre était très international, on parlait l’anglais partout. Ainsi, j’ai pu me faire beaucoup d’ amis du monde entier. Et bien-sûr, j’ai dû peaufiner mes compétences en vélo !
As-tu gardé des liens avec le pays ?
Même si je suis parti de Wageningen il y a maintenant 14 ans, j’ai toujours gardé un lien avec les Pays-Bas. Ma startup santé, Rosetta Omics, travaille avec des partenaires néerlandais. L’Université de Maastricht par exemple, avec qui nous collaborons pour trouver de nouvelles façons de combattre le cancer. Cette université dispose d’un centre de recherche médicale incroyable, mais il y en a tant d’autres aux Pays-Bas avec lesquels j’ai hâte de collaborer.
Avec Maastricht, nous développons des technologies pour mieux visualiser et analyser les tissus cancéreux. A l’aide de l’intelligence artificielle, nous utilisons ensuite ces données multidimensionnelles dans une analyse dite « multiomics ». Tout cela pour prescrire au patient le bon traitement, au juste moment.
La collaboration avec Maastricht porte déjà ses fruits. Grâce au soutien de Rosetta Omics, l’université a obtenu une subvention de 1,5 million d’euros de la NWO (l’organisation néerlandaise pour la recherche scientifique) et la Stichting ReumaNederland (la fondation néerlandaise contre le rhumatisme). En plus, nous avons entamé un partenariat avec ASPICES, une CRO espagnole pour le projet EIC Pathfinder, lancé par la Commission Européenne. Dans le cadre de ce projet, nous avons candidaté pour une subvention de 3 millions d’euros. Et il y a d’autres projets à venir sur lesquels nous travaillons déjà.

La France et les Pays-Bas : quelles leçons tirées ?
Les Néerlandais ont adopté l’anglais dans les universités et dans l’entreprise. C’était le bon choix. A part cela, le style néerlandais est très direct. Là où les Français aiment la politique : partout, même au travail. Par contre, les pays doivent tous les deux améliorer leur écosystème d’innovation. Pour construire des partenariats privés-publics et faciliter les startups, afin qu’ils puissent agir plus efficacement.
Et pour la suite… ?
J’aimerais bien collaborer avec d’autres hôpitaux et cliniques d’oncologie néerlandais. Bâtir des consortiums franco-néerlandais – et européen – est une démarche cruciale dans la lutte contre le cancer. Ensemble, nous pouvons toucher plus de subventions. Et le plus important : innover pour mieux servir nos patients.
Sur le plan personnel, je suis toujours en contact avec un bon nombre d’alumni de Wageningen University. Récemment, j’ai participé à un événement de l’Ambassade des Pays-Bas qui visait à réunir tous les anciens des universités techniques néerlandaises. Déjà pendant cette réunion, j’ai fait et renoué plusieurs contacts avec ceux qui partagent ma nostalgie pour les Pays-Bas. Ce réseau m’est cher.
Et enfin, je suis très heureux de voir qu’ActusPaysBas s’engage pour renforcer les liens entre la France et les Pays-Bas. C’est une belle initiative, dont le secteur de technologie médicale peut tirer profit !



